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Trente-six semaines…

 

Cela fait trente-six semaines déjà,

Que je patiente, que je te patiente,

Toi qui ne seras pas là, jamais là,

Illusions perdues, désillusions latentes.

Trente-six semaines, c’est un long temps

Pour ne rien attendre, c’est même pesant.

De ce soir où nous ne nous sommes rien dit,

À peine croisés, un regard tout petit

Seulement, muet d’émoi pour autant.

J’avais choisi enfin une maman.

Je t’ai vu tout ce temps pousser

Sous ce ventre désespérément plat resté

Les premières semaines, rien ne se voit,

Je m’y fais, ce ventre du temps le restera,

Elle ne le sait pas qu’elle t’attend de moi.

Puis, encore, je patiente que tu n’existes pas.

Trente-six semaines presque déjà

Ce fut une délivrance que tu ne sois pas.

Je sentais pour autant les draps mouillés,

Enfin, elle avait perdu ses eaux, libérée…

Mais bon dieu, dessus, je me suis pissé !

Tu es née enfin dans l’esprit d’un taré

Sans vraiment naître, sans exister.

Sans qu’elle ne se sente concernée.

Enfin « épilogue » je te baptiserai,

D’une étreinte avortée, tu n’es pas née,

Illusion pas grosse, mais grosse désillusion.

J’ai pu enfin te donner un nom.

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